Série TV

Mères au bord de la crise de nerfs

Quand on nous parle de maternité, on nous parle d’amour inconditionnel, de tendresse, de trouver un sens à sa vie. Tout semble simple et magnifique. Workin’ moms vient exploser cette image idyllique. 

Très vite, le ton est donné. La première scène s’ouvre sur trois femmes, en pleine discussion. Elles comparent sans complaisance leur poitrine, quelques semaines après avoir donné naissances à leur bambin, sous les regards un peu outré d’autres mamans plus réservées. Ces réunions permettent aux mamans, accompagnées de leurs bambins, de partager leurs expériences, leurs questionnements, leurs craintes. En quelques minutes, on comprend que nous sommes loin de l’image parfaite de la mère.

Mères avant tout ? Pas vraiment.

Les mères représentées brisent de nombreux tabous de la maternité, et traitent de nombreux autres sujets difficiles.

Kate Foster (Catherine Reitman, la créatrice de la série) est une trentenaire carriériste, qui a fait un enfant parce que c’était la chose normale à faire. Elle reprend le chemin du travail rapidement après avoir accouché, sous les yeux de son mari assez mécontent. Être mère au foyer ? Très peu pour elle.  

Anne Carlson (Danielle Kind) est psychiatre et amie de longue date avec Kate. Elle a déjà une fille aînée et vient d’avoir un deuxième enfant. Si, dans sa profession, elle aide les autres à faire face à leurs problèmes avec diplomatie, elle est bien différente dans la vie. Franche à l’extrême, vulgaire, toujours en train de courir, elle est loin de l’image de la mère parfaite. D’ailleurs, les enfants, ils n’étaient pas vraiment prévus et elle aimerait bien ne plus en avoir. Encore faut-il convaincre son mari… 

Frankie Coyne (Juno Rinaldi), agent immobilière, a porté le premier enfant de son couple homosexuel, mais n’arrive pas à s’y attacher. Elle part, psychologiquement, dans tous les sens. Instable, on comprend rapidement qu’elle a tous les symptômes d’une dépression post-partum. 

Jessie Matthews (Jessalyn Wanlim) est une jeune maman sexy qui a accepté de faire un enfant, mais ne se sent pas du tout mère. Elle ne veut pas de ce rôle, qui ne la rend plus désirable.  

Vous l’aurez compris, les personnages représentent toutes les difficultés que l’on peut rencontrer quand on devient mère. La série aborde de nombreux thèmes comme l’avortement, la contraception, les responsabilités, les attentes différentes selon que l’on soit le père ou la mère. 

D’ailleurs, pour une série sur la maternité, les bébés et les enfants sont très peu visibles. Ce n’est pas eux l’important. La série rappelle sans cesse qu’avant d’être des mères, toutes sont des femmes et que cela ne change pas parce qu’elles ont eu un enfant. Elle met également en avant le fait qu’être mère n’est pas innée, que cela s’apprend, quelques fois avec difficultés. 

Si je n’attendais pas grand-chose de cette série, la profondeur des personnages et des histoires m’ont très agréablement surprise. Si cela reste drôle, grâce à des situations et des réactions cocasses, les sujets difficiles abordés le sont avec intelligence. 

Une série dans l’air du temps

Workin’ Moms est une série résolument moderne et féministe, qui décomplexe les femmes en montrant qu’être mère n’est pas inné, que la mère parfaite n’existe pas et qu’elles ne doivent pas oublier d’être femmes avant tout. C’est une vrai fresque sociologique de la place des femmes aujourd’hui, et de la charge mentale qu’elles subissent. Et même si vous n’êtes pas mère, ou n’aimez pas trop les séries avec les enfants, ne vous laissez pas avoir, et tentez cette série. Vous m’en direz des nouvelles !


Titre de la série : Workin’ Moms |  Année de production : 2017-… (en cours) |  Chaîne d’origine : CBC (Canada) |  Nombre de saisons : 4 |  Nombre d’épisodes par saison : 13 (saisons 1, 2, 3) ou 8 (saison 4) |  Durée des épisodes : 30 minutes 

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