Roman

Sans pitié ni remorts de Nicolas Lebel

Le volume précédent, Le jour des morts, s’est conclu par la mort de Jacques Morel, ami intime de Daniel Mehrlicht. Ce n’est pas vraiment une surprise, car depuis le premier volume, L’heure des fous, on sait l’homme condamné. Deux ans après avoir perdu sa femme, le cancer emporte à nouveau une personne chère à Mehrlicht. Celui-ci décide de prendre deux semaines de congés après l’enterrement de son mari.
Seulement, à l’ouverture du testament de Jacques, Mehrlicht à la surprise d’être approché par le capitaine Bénédict Kabongo, de l’OCBC (Office Central de lutte contre le trafic de Biens Culturels). Celui-ci travaille depuis 12 ans sur la disparition d’œuvres culturelles lors du déménagement des collections du Musée des Arts d’Afrique et d’Océanie de la Porte dorée au musée du Quai Branly, bébé de Jacques Chirac. Jacques Morel était, à l’époque, le coordinateur de ce déménagement. Aucune charge n’avait été retenue contre lui, mais Kabongo reste persuadé qu’il était impliqué. Le diamant qu’il lègue à Mehrlicht est la preuve de son implication.

Mehrlicht remet à plus tard ses vacances dans le Limousin, bien décidé à prouver l’innocence de son ami défunt.

Parallèlement, Latour et Dossantos héritent d’un chef de groupe temporaire : Cuvier. Un homme exécrable, mauvais, lèche-botte, raciste. En quelques pages, l’homme m’a filé la nausée. Quand l’équipe est appelée sur les lieux d’un suicide, Cuvier est bien décidé à classer l’affaire très vite. Sauf qu’en décrochant le téléphone du défunt, Latour est témoin auditive du meurtre d’une femme. Pourtant, arrivés sur les lieux, tout porte à croire que la victime s’est suicidée. Latour et Dossantos décident d’enquêter dans le dos de Cuvier.

Très vite, ils découvrent que les deux victimes travaillaient en 2003 au Musée des Arts d’Afrique et d’Océanie de la Porte dorée et qu’ils avaient été entendus dans le cadre de l’affaire des vols de collections. Mais surtout, il semblerait que tous ceux qui ont été interrogés ont subitement décidé de se suicider. Leur enquête croise celle de Mehrlicht et de Kabongo.

Ce troisième volume nous plonge dans le monde de l’art et ses coulisses. Collections mal protégées, détournements et disparitions des œuvres. Il pose aussi la question de l’appropriation des œuvres culturelles par d’autres pays (les œuvres africaines récupérées pendant l’époque coloniale, les œuvres volées par les Nazis,…). La question est plus que jamais d’actualité alors que le président Macron a fait la promesse de restituer les œuvres d’art que la France s’est appropriée lors de l’époque coloniale.

Ce volume est encore excellent, mais l’humour, bien que présent, n’arrive pas vraiment à alléger le propos. Mehrlicht souffre de la mort de son ami, son humour est un peu en berne. Il n’y a pas de stagiaire ici, mais un chef de groupe juste odieux.

Les deux suspects, anciens légionnaires devenus mercenaires, sont les premiers vrais méchants. Je m’explique : dans les deux volumes précédents, j’ai éprouvé de la pitié pour les coupables. Je ne les sentais pas foncièrement méchants. J’ai eu l’impression qu’ils n’étaient pas assez forts pour ce que la vie leur a jeté. Ils ressemblaient à des victimes devenues à leur tour bourreau. Dans le duo de ce roman, l’un des deux n’arrive pas à m’apitoyer. Il n’y a pas d’explication à son comportement, à part peut-être la folie, ou la méchanceté.

Certains éléments de la fin, que je ne citerai pas pour ne pas spoiler, m’ont profondément attristée. Malgré l’inévitabilité des évènements.

Avec ce volume, j’ai achevé ma lecture des livres de Nicolas Lebel, quelques heures avant la rencontre que j’organisais dans ma bibliothèque. Ce fut un vrai marathon et une très belle rencontre (littéraire comme humaine). Je ne peux que vous conseillez de partir à la découverte de cet auteur et de son œuvre. Les deux méritent d’être connus.


Titre : Sans pitié ni remords     |     Auteur : Nicolas Lebel     |     Éditeur : Le livre de poche

Nombre de pages : 508     |     ISBN : 978-2-253-09249-0

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