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Quand la science-fiction devient réalité

Bonjour à tous !

Cette semaine est très étrange. J’ai l’impression de me retrouver plongée dans un monde parallèle. Soudain, les romans, séries et films de science-fiction deviennent réalité (surtout que j’aime beaucoup les scénarios de pandémie, mais ça risque de changer).

J’ai regardé de loin le Covid-19 (ou coronavirus) naître en Chine, sûre que cela resterait le problème des Chinois. Puis cela a envahi l’Asie, puis un peu partout dans le monde. Quand la situation en Italie s’est dégradée, j’ai commencé à me poser des questions. Quand des cas sont arrivés en France, j’espérais que ça allait rester dans les clusters. Mais les témoignages de personnes de l’entourage en première ligne (pompier, personnel médical,…) ont commencé à m’inquiéter. Ce n’était plus à l’autre bout du monde, mais de l’autre côté de la rue. Et la situation sur le terrain était bien plus grave que celle décrite par les médias.

La situation s’est aggravée cette semaine. Jeudi soir, plusieurs collègues et moi-même avons suivi l’allocution du président de la République (la bibliothèque fermait à 20h). Cela a été un coup de massue. La pandémie devenait réelle. Elle n’était plus dans un livre, dans une série, à l’autre bout du monde, mais chez nous.

Et il s’est passé quelque chose d’étrange. Alors que le Président venait d’expliquer la gravité de la situation, l’importance de la distanciation sociale et des mesures barrières, nous avons vu les gens se précipiter à la bibliothèque. Pas que dans la mienne, mais tous les collègues à travers la France ont fait part d’une explosion de la fréquentation. Des enfants par dizaine, qui toussaient, éternuaient, sans geste barrière, sur les livres, les banques d’accueil, à quelques mètres de nous. Des personnes âgées, les plus fragiles, au milieu de tout ce maelstrom.

Alors qu’à longueur d’année, les lecteurs nous expliquent ne jamais avoir le temps de se rendre à la bibliothèque, tout le monde se ruait en même temps dans un lieu confiné, où les plus fragiles ont côtoyé les plus contagieux. Cela a créé beaucoup de stress. J’ai eu peur pour ma santé, mais surtout pour celles de tous ces gens à qui on avait demandé de se protéger et qui faisaient tout l’inverse.

Encore ce matin, je vois les gens les uns sur les autres au marché… Nous avons également entendu des phrases totalement inconscientes. « Oui, je continuerai à sortir. Je vais devenir folle si je reste chez moi. Après, arrivera ce qui arrivera. » « L’avantage avec ce virus, c’est qu’on est sûr de mourir en peu de temps. »

Messieurs, dames, pitié, prenez conscience de la situation. Oui, 80% de la population se portera bien. Mais ce que nous sommes en train de vivre n’est pas anodin. Ce n’est pas une simple « grippette » ou un rhume. Oui, cela va être dur pour notre société. Mais la seule manière de mettre fin à tout cela rapidement, c’est en respectant scrupuleusement les consignes.

Les phrases comme citées précédemment sont particulièrement égoïstes et dangereuses. Car ces personnes, quand elles tomberont malades, auront été un fort vecteur de contagion en refusant la distanciation sociale. Puis, quand elles tomberont malades, elles appelleront les premiers secours, mettant en danger la vie des soignants et saturant un service hospitalier déjà à bout de souffle.

Le virus ne circule pas.

Ce sont les gens qui font circuler le virus.

Jérôme Salomon, directeur général de la Santé
14 mars 2020

Alors s’il vous plait, prenez sur vous, prenez soin de vous et des vôtres. Restez chez vous si vous le pouvez. Mon père, comme de nombreux personnels de santé, met sa vie en danger tous les jours pour venir en aide aux autres. Aidez-le, protégez-le, en agissant de manière responsable.
Restez calme. Ce n’est pas la peine de vous ruer dans les centres commerciaux pour vous faire des stocks de pâtes, de beurre ou de papiers toilettes (à moins que vous ne les achetiez pour la déco).

Il n’y aura de pénurie que si vous la créez. Les commerces alimentaires reste ouverts. Et encore une fois, on est tous dans le même bateau. Pensez aux autres, ne cédez pas à la panique.

Les semaines à venir vont être dures. Nous ne sommes qu’au début. Mais plus vite nous mettrons en place les consignes, plus vite nous sortirons de cette crise.

Bon courage à vous en ces périodes troublées. C’est le moment de faire descendre votre PAL, de regarder toutes ces séries dans votre liste Netflix, de commencer ce jeu vidéo qui vous fait envie depuis des semaines, de devenir inventifs (et d’être patients) pour ceux qui ont des enfants (surtout pour ceux qui ont des enfants ><).

A très vite,

Ladilae

Pour information, l’arrêté ministériel acte la fermeture de tous les lieux non-indispensables accueillant du public jusqu’au 15 avril 2020.

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