Roman

L’heure des fous de Nicolas Lebel

Après avoir commencé par le dernier titre de Nicolas Lebel, De cauchemar et de feu, je reprends ses titres dans l’ordre. Le premier est donc L’heure des fous. On y découvre Merhlicht et son équipe qui héritent d’un meurtre d’un sans-abri. Jusque-là, tout semble normal. Enfin presque.

Le fait d’avoir commencé par le dernier me donne l’impression de découvrir des personnages « moins évolués ».   Merhlicht se remet de la mort de sa femme, tout en passant plusieurs heures par semaine au chevet d’un ami mourant d’un cancer. Latour refuse d’appeler son chef par son prénom. Mais le pire, c’est Dossantos. Il ressemble à un gros benêt, tentant maladroitement de draguer sa collègue. Sa rigidité me donne envie de lui taper sur la tête. Et il y a le stagiaire ! Figure récurrente dans l’œuvre de Lebel. Le pauvre a bien compris qu’il allait devoir survivre au petit capitaine batracien, et que celui-ci ne l’aimerait jamais. Il m’a fait un peu de peine. 

 Quoiqu’il en soit, l’enquête va prendre un drôle de tournant quand ils découvrent que le SDF est en fait un journaliste d’investigation en couverture. Et pas n’importe quel journaliste ! Des années plus tôt, il avait été à l’origine d’un véritable scandale politique. Scandale qui avait ruiné la carrière du commissaire Matiblout, qui s’est vu être mis au placard dans le petit commissariat où officie Mehrlicht.      

Encore une fois, Lebel nous entraîne dans une enquête pleine de surprises et ancrée dans un contexte politique précis. Hors de question de laisser un nouveau scandale éclaté et entaché la réputation de hauts fonctionnaires. Jamais montrée, la pression de la hiérarchie est présente à travers Matiblout qui retransmet les consignes d’en-haut et qui demande à ce que l’enquête soit bouclée rapidement.  

 Lebel tisse sa toile lentement et on se sent aussi perdus que ces enquêteurs qui tentent tant bien que mal d’agir vite. Pour cela, ils vont devoir suivre des pistes incongrues. Une communauté de SDF qui seraient en train de monter une attaque terroriste, une arme antique ayant appartenu à une grosse cargaison de fusils sous Napoléon III ayant disparue et la Sorbonne. Vous ne voyez pas ce que ce tout ça peut avoir de commun ? Moi non plus au début ! 

 Le premier roman de Nicolas Lebel, De cauchemar et de feu, m’avait conquise. Le second confirme mon coup de cœur. Avec une plume aussi acérée que les réflexions de son petit capitaine batracien Daniel Merhlicht, l’auteur nous entraîne dans une enquête surprenante, ancrée dans une réalité sociale et politique qu’il ne critique jamais ouvertement mais qui nous fait réfléchir.  

 Et la fin…  

 A l’image de l’œuvre de cet auteur : faussement simple. Avec ni vainqueur, ni perdant. Juste la vie, le destin.  

Nicolas Lebel ne revendique rien. Il n’y a pas de critique du pouvoir en place, du fonctionnement de l’administration. Il ne cherche pas à expliquer le Mal. Pourtant, les situations dans lesquelles les personnages se trouvent nous donnent matière à réfléchir. Quant au Mal… on ne le trouve pas dans ces pages. On voit juste des hommes et femmes, avec leurs complexités et leurs faiblesses. 

J’aimerai tant en dire plus ! Il y a tellement de choses à dire. Mais je ne veux pas spoiler. Si vous ne l’avez pas déjà fait, je vous invite fortement à lire l’œuvre de Nicolas Lebel.


Titre : L’heure des fous     |     Auteur : Nicolas Lebel     |     Éditeur : Marabout

Nombre de pages : 342     |     ISBN : 978-2-501-09459-7

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