Roman

Le signal de Maxime Chattam

Tom et Olivia Spencer ont décidé de quitter New York pour offrir à leur famille une vie plus calme et paisible dans la petite ville de Mahingan Falls. Pourtant, ils ne vont pas trouver la sérénité tant recherchée. En effet, entre suicides inexpliqués, disparitions inquiétantes et décès brutaux, quelque chose de mauvais se prépare à Mahingan Falls, et ce n’est pas Ethan Cobb, policier, qui dira le contraire.

Maxime Chattam nous offre d’abord un bel objet. La tranche du livre est noire et chaque page est encadrée de noir. La Ferme, la maison de la famille Spencer, apparaît en relief et en argent sur la couverture d’un noir d’encre. Rien que pour l’esthétique, j’aurais acheté le livre. Il faut aussi avouer que la bande-annonce m’avait bien accrochée.

Paradoxalement, je lis plus facilement des récits d’horreur que je n’en regarde. (Dès qu’il y a des images, en fait, j’abandonne. Car même les BD/manga/comics d’horreur ne le font pas avec moi.) Et cela faisait bien longtemps qu’un livre ne m’avait pas intrigué comme celui-là.
La lecture de ce gros bébé a été longue, car je suis une trouillarde et l’auteur n’y est pas allé de mains mortes. Du coup, très vite, j’ai arrêté de lire le soir, pour ne pas pourrir mon sommeil.

Une famille modèle dans une ville idyllique

Le couple Spencer ressemble assez fortement au couple Chattam. Olivia Spencer est une célèbre animatrice d’un quotidien matinale tandis que son mari Tom est auteur de pièces de théâtre. Ils ont deux enfants, Chad un adolescent, et une petite fille. Depuis le décès de la sœur d’Olivia et de son mari, ils ont la garde de leur fils Owen, qui a le même âge que Chad.
La quarantaine, ils décident de changer de vie et embarquent leur petite famille à Mahingan Falls, une petite ville enclavée entre mer et montagnes, avec seulement deux routes qui permettent d’entrer et sortir.
Arrivés en plein été, leur nouvelle vie semble idyllique. Les deux garçons se font très vite de nouveaux amis. Et Olivia et Tom tentent de trouver un nouvel équilibre.

Sauf que très vite, les événements étranges se multiplient dans cette petite ville. Une femme qui se jette sous un 4×4, une volée de chauve-souris qui se suicident, une adolescente qui disparaît sans laisser de traces,…

Maxime Chattam est fidèle à son style très cinématographique et les scènes qu’il décrit sont difficiles, quelques fois insoutenables. On pourrait lui reprocher des événements pas vraiment originaux, mais ils paraissent tellement logiques dans ce roman hommage à Stephen King et Lovecraft qu’on ne peut lui en vouloir. Le champ de maïs et ses mystères, les espaces confinés, les fantômes, les sous-sols,…
Ne me dîtes pas que vous ne vous êtes jamais retrouvés dans votre lit, sous votre couette, à fixer un coin sombre de votre chambre et imaginant un monstre s’y tapir ? Votre imagination s’emballe, tout comme votre rythme cardiaque, et vous n’osez bouger un orteil de peur que le monstre voit à travers la couette qui vous sert de bouclier ? C’est sur ce genre de peurs que jouent Maxime Chattam, et il y arrive bien.
Rien ne semble tabou et personne n’est épargné. Homme, femme, enfant, tout le monde semble pouvoir être pris pour cible.

Un récit qui prend son temps

Pendant 500 pages, Chattam fait monter la pression. D’abord avec les enfants, dont la jeunesse fait qu’ils intègrent assez vite le côté surnaturel de ce qu’ils affrontent.
Puis avec Tom Spencer, qui réalise très vite que quelque chose d’anormal se passe dans sa maison, et qui va se plonger corps et âme dans son enquête afin de savoir si oui ou non, sa nouvelle demeure est hantée.
Et il y a Ethan Cobb, flic venu d’une grande ville, qui sait, qui sent, que quelque chose est en train de se passer, mais il ne sait pas quoi.
Les différents personnages évoluent chacun de leur côté, mais avancent parallèlement. Pendant tout le roman, j’ai eu envie de les secouer pour leur dire de se parler. Mais bon, comment avouer à ses parents, ses enfants, sa compagne ou sa copine que des esprits sont en train de ravager votre ville sans passer pour un déséquilibré ? Je comprends donc leurs réticences…

Du coup, on regarde l’histoire se dérouler. Les éléments étranges, les attaques inexpliquées se multiplient et il y a un côté inéluctable qui est assez effrayant. On est un peu comme cette grenouille qui sent bien que quelque chose cloche mais qui ne se rend pas compte qu’on est en train de la faire lentement cuire dans sa casserole.

J’ai attendu presque une semaine pour lire les deux cent dernières pages. Je sentais que le marathon allait se transformer en sprint et je voulais pouvoir le savourer sans être interrompue. J’ai bien fait !
Je ne vous dirais pas ce qu’il se passe à la fin. Je vous laisse la découvrir. Certaines décisions m’ont un peu énervée et j’aurais aimé que Maxime Chattam soit un peu plus clément, mais il n’est pas forcément réputé pour cela.

Une oeuvre maîtrisée

Ce qui est sûr, c’est que Chattam maîtrise son travail, ses personnages et la ville qu’il a créée. L’auteur sait également jouer sur nos peurs les plus profondes, mais n’est-il pas devenu un expert de ce qui tourmente l’âme humaine depuis le temps ?
Il y a peut-être eu quelques longueurs. Il ne faut pas s’attendre à ce que tout avance sur les chapeaux de roues. Le récit prend le temps de se mettre en place, puis de se dérouler. Il prend d’autant plus son temps qu’on le voit faire à travers le point de vue de plusieurs personnages. Mais quand les perspectives se regroupent, ça envoie du lourd.

Au final, Le signal de Maxime Chattam est un bon roman d’horreur et sur les peurs primaires que nous pouvons ressentir. Celles qui sont incontrôlables, inexplicables, qui font battre votre cœur plus vite. Mahinghan Falls est une ville balnéaire idyllique, où il fait bon vivre, et où la mort vous cueille brutalement. Il faut toujours se méfier des petites villes…


Titre : Le signal    |     Auteur : Maxime Chattam     |     Éditeur : Albin Michel
Nombre de pages : 740     |     ISBN : 978-2-226-31948-7

2 commentaires

    • Ladilae

      J’ai eu du mal avec Autre-monde… je n’ai même pas fini le 1er. Je pense que je n’avais pas trop la tête à ça à l’époque et que le changement de genre m’a perturbée. Je me dis toujours qu’il faut qu’un jour je m’y remette…
      Le Signal est très bien, dans un autre genre encore.
      Je te conseille la Promesse des ténèbres, dont le protagoniste est le mari d’annabelle. Cela se passe avant sa rencontre avec Brolin.

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