Roman

Le jour des morts de Nicolas Lebel

C’est avec plaisir que j’ai retrouvé le capitaine Mehrlicht et sa bande pour une nouvelle enquête. Lors du volume précédent, L’heure des fous, nous avons appris que Jacques Morel, l’ami de notre inspecteur à tête de rainette favori, était hospitalisé, mourant. Au-début de ce roman, l’oncologue de Jacques appelle Mehrlicht. Un meurtre vient d’être commis dans son service. Un septuagénaire a été empoisonné.

Quand Carel, le légiste, analyse le poison et le rentre dans la base de données, les enquêteurs découvrent que ce n’est pas le premier empoisonnement. Très vite, ils découvrent que d’autres personnes ont succombés à ce même poisons. Le seul point commun entre les victimes ? Avoir eu des parents qui sont nés dans un petit village du Limousin, qu’ils ont tous quitté après la Seconde guerre mondiale.

L’équipe de Mehrlicht est fidèle à elle-même : elle tente de faire de son mieux, dans une enquête qui les dépasse. Leur suspect a toujours un coup d’avance, et une taupe dans leur service balance toutes les informations à la journaliste d’un site internet d’informations en direct. Résultat : le peuple panique et les inspecteurs perdent le peu d’avantages qu’ils ont.

Cette fois-ci, Nicolas Lebel nous plonge au cœur de la campagne, ce qui ne plait guère à notre inspecteur parisien. A l’annonce de cette nouvelle, le capitaine Mehrlicht se lance dans une de ces grandes envolées lyriques que j’adore :

– Patron, je quitte jamais Paris. C’est religieux. C’est karmique ! Je suis allé en vacances en province une fois. J’ai été malade, j’ai failli mourir. Ça fait vingt ans. Mes vaccins sont toujours pas à jour… J’ai rien contre la province, je veux pas y aller, c’est tout ! Et puis, il y a des animaux dans tous les coins, des chiens qui vous foncent dessus, des renards, des sangliers complètement tarés. Des vaches qui chient partout. Je suis pas préparé mentalement… C’est comme pour la lune, les astronautes, ils ont un entraînement de fou…

En plus de ce sort funeste, il se coltine un stagiaire (oui, encore un, le fameux stagiaire cher à Nicolas Lebel) qui a été pistonné par Papa, haut fonctionnaire. Le jeune homme est incompétent, raciste, sexiste, narcissique. Une vraie plaie. Et pour ne rien arranger, le commissaire Matiblout met la pression à Mehrlicht et son équipe. En effet, un ministre est originaire du petit bled, et il doit y retourner pour les commémorations du 11 novembre.

Dans ce nouvel opus, Nicolas Lebel conjugue Histoire et bibliophilie tout en nous faisant nous interroger sur la place et le pouvoir des médias, mais aussi la corruption chez les fonctionnaires. L’humour est toujours aussi plaisant et percutant, équilibrant parfaitement les côtés plus sombres du récit. Les passages à la campagne sont excellents, au point de m’attirer les regards surpris des passagers du RER lorsque j’éclatais de rire. Il faut dire qu’il en fallait beaucoup, de l’humour, pour contrebalancer la mise en avant d’une période sombre de notre Histoire : celle de la purge qui a été faite suite aux départs des Allemands. La fin du récit est à la fois surprenante et pourtant tellement logique, quand on a lu quelques œuvres de l’auteur…

Quand j’ai refermé la dernière page, j’ai fixé mon livre, et je me suis dit « Putain, il est bon quand même ».


Titre : Le jour des morts     |     Auteur : Nicolas Lebel     |     Éditeur : Marabout

Nombre de pages : 413     |     ISBN : 978-2-501-10374-9

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