Roman

De cauchemar et de feu de Nicolas Lebel

Depuis quelques années, dans la bibliothèque où je travaille, nous organisons une rencontre littéraire avec un auteur de romans policiers. J’aurais l’honneur de recevoir Nicolas Lebel fin novembren. Du coup, je suis plongée dans ses livres depuis quelques semaines. Juste avant de partir en vacances, j’ai acheté le seul volume que j’ai trouvé en librairie : De cauchemar et de feu. Le roman a gagné le prix du meilleur Livre de Poche polar.

Le capitaine Mehrlicht et son équipe sont de permanence pour le week-end de Pâques. Ils sont appelés dans un pub irlandais, où le corps d’un homme a été retrouvé dans les toilettes. Très vite, l’identité de la victime les mène sur la piste de l’IRA : irlandais, ancien membre de l’IRA, il a été abattu selon la méthode que l’on réserve aux traitres. Sauf qu’en plein état d’urgence, alors que le pays se remet encore des attaques terroristes, les hauts gradés de la police ne veulent pas entendre parler de possibles terroristes irlandais sur le sol français… Alors quand les corps commencent à s’empiler, Mehrlicht et son équipe sont priés de boucler l’affaire au plus vite.

En parallèle, le récit nous amène en Irlande du Nord, au début des années soixante, alors que la guerre civile est sur le point d’éclater. On va y suivre une bande de gamins catholiques, et à travers eux, c’est l’horreur de la guerre que nous allons découvrir.

Il est difficile de parler de ce livre sans spoiler. Je vais faire de mon mieux, mais je vous préviens que je peux laisser filtrer des informations que vous auriez préféré découvrir vous-même.

En un mot : j’ai adoré ! Le fait de commencer par le dernier livre en date ne gène pas du tout la lecture. L’auteur fait les rappels nécessaires pour ne pas être perdus. Au contraire, cela donne encore plus envie de découvrir les volumes précédents.

J’ai beaucoup aimé les personnages. Le capitaine Mehrlicht, un homme dont le physique fait penser à un batracien, le corps ruiné par le tabac, est surprenant. Il prend un malin plaisir à torturer sa petite stagiaire (j’ai découvert par la suite que c’était un thème récurrent. Mais qu’ont fait les stagiaires à M. Lebel ??). Encyclopédie vivante, la technologie, ce n’est pas pour lui. Il entretient une obsession malsaine pour Julien Lepers après que celui-ci les éliminer des sélections pour Questions pour un champion à cause des trop nombreux jurons. En moyenne, un par phrase, ça fait beaucoup. Surtout quand c’est la seule chose qu’on comprend au milieu de tout le jargon.

Sophie Latour est une policière sans surprise. Rousse, bretonne, elle sert de tampon entre Mehrlicht et le reste du monde. Elle s’est mise dans une situation compliquée en tombant amoureuse d’un sans-papier.

Mickael Dossantos est un stéréotype à lui tout seul : grand, bodybuildé, crâne rasé, il cite le code pénal à tout-va. Sa vie est réglée comme du papier à musique. Pourtant, on sent une colère en lui… Une soif de justice mal placée, mal gérée.

Les personnages sont attachants. Ils n’ont pas envie d’expliquer d’où vient le mal, ont vécu des choses difficiles mais pas horribles au point d’être ravagés. Ce sont juste des hommes et des femmes comme vous et moi qui font simplement leur travail. Et c’est assez plaisant.

Quant à l’intrigue… On sent l’amour de l’auteur pour l’Irlande, même si on la découvre à feu et à sang. C’est avec brio que l’auteur nous mène sur une piste, celle de querelles entre anciens terroristes, d’un renouveau de la guerre civile mais sur le sol français. Puis, avec un simple petit passage, tout ce qu’on vient de lire prend un sens différent. On réalise alors que les signes étaient là depuis le début : ceux de la radicalisation.

C’est là que j’ai trouvé les choix de l’auteur très intelligents. Il est dur de parler de religion, de terrorisme, de radicalisation ces derniers temps. Les dernières années nous ont laissé meurtris. Mais en plaçant l’intrigue en Irlande, lors de ce qui ressemble à une guerre de religion entre catholiques et protestants, Nicolas Lebel réussit adroitement à nous amener sur ce terrain.

La fin a été à l’image du reste du roman : bien menée et surprenante. Les choses n’auraient pu finir autrement.

En bref, j’ai adoré découvrir ce roman de Nicolas Lebel. Après des années de thrillers aux personnages bousillés, lancés dans des sortes de quêtes pour comprendre l’origine du Mal, j’étais un peu lasse. Ici, j’ai trouvé un récit réaliste, très bien mené, tout en nuance. Pas de manichéisme. Pas de Gentils contre les Méchants. Juste des hommes et des femmes avec leurs bagages tentant d’arrêter des meurtres commis par un homme bassement humain. Un très bon polar que je recommande. Et j’ai hâte de rencontrer l’auteur !

Et vous ? Est-ce que vous connaissez cet auteur ? Avez-vous lu ce livre ? Qu’en avez-vous pensé ? N’hésitez pas à laisser un commentaire !


Titre : De cauchemar et de feu     |     Auteur : Nicolas Lebel     |     Éditeur : Le livre de poche

Nombre de pages : 635      |     ISBN : 978-2-253-23729-7

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