Aventures filmesques

A star is born

Jackson Maine est une star de country. Entre problème d’alcool et problème de santé, sa carrière décline lentement.
Ally est une jeune serveuse à la voix d’or qui n’a jamais percée.
Quand les deux se rencontrent, l’alchimie est immédiate. Alors la carrière de Jackson s’effondre, Ally est propulsée sur le devant de la scène.

Je vous confiais dans un précédent article que dès que ça chante, j’aimais. Pourtant, je ne me précipite pas forcément voir les films. Ainsi, malgré le succès de A star is born et sa bande-annonce plus qu’alléchante, ainsi que tous les beaux compliments que m’en ont fait mon frère et sa compagne, je ne suis pas allée le voir au cinéma. Le temps a filé trop vite.

A star is born : 4 films en 80 ans

Il est intéressant de savoir que ce film est en fait un remake. La première version du film est tournée en 1937, et raconte les debuts d’une apprentie actrice à Hollywood avec Janet Gaynor et Fredric March. Nommé 7 fois aux Oscars en 1938, il remporta celui de la meilleure histoire originale.

A star is born (1937)

Un premier remake sort en 1954, avec Judy Garland et James Mason. Puis un deuxième en 1976 avec Barbra Streisand et Kris Kristofferson. Ce dernier reçoit l’Oscar de la meilleure chanson originale en 1976.

A star is born (1954)
A star is born (1976)

N’ayant pas vu les premiers films, je ne vous parlerai que de celui de 2018. Mais j’ai trouvé cela intéressant de voir que c’était le dernier remake d’une longue liste.

Une histoire d’amour tragique

A star is born, c’est avant tout une histoire d’amour passionnée. Cela commence par un coup de foudre entre une star (Jackson Maine, joué par Bradley Cooper) et une serveuse (Ally, interprétée par Lady Gaga). Très vite, les deux deviennent fusionnels. Ally apporte la bouffée d’oxygène qui semblait manquer à Jack, tandis que ce dernier met en lumière la voix extraordinaire d’Ally.
Dans la vie, comme sur scène, les deux vivent passionnément. L’alchimie entre les deux acteurs est là, et on y croit à leur amour.

Seulement, plus Ally brille, plus Jack sombre et rien ne semble pouvoir arrêter cela. Tout le long du film, je me suis faite la réflexion que ces deux-là pouvaient faire partie du club des amants maudits. Ils s’aiment passionnément, mais n’arrivent pas à être heureux. Alors qu’au début, ils se complètent et se portent l’un l’autre, ils finissent par se faire plus de mal que de bien.

De serveuse à popstar

A travers le rôle d’Ally, c’est une critique du star-système que j’ai vu. D’abord serveuse, la jeune femme cache, en plus d’un voix superbe, de vrais talents de parolière. Mais elle ne se croit pas capable de percer. Des agents ont critiqué son physique et son père lui-même ne cesse de répéter qu’il ne suffit pas d’avoir une voix d’ange pour être Sinatra. Rappel incessant que son talent musical ne fait pas d’elle une star.

Quand elle rencontre Jack, elle est comme un diamant brut. Le chanteur a d’ailleurs un peu la même réflexion que son père. Il lui explique qu’une belle voix ne fait pas une carrière. Il faut avoir quelque chose à dire. Tant qu’elle aura ça, les gens l’écouteront. Il va lui offrir les opportunités qui vont lui permettre de se faire connaître, en mettant en avant ses propres compositions pendant ses concerts.

Quand elle se fait repérer et signe avec une grande maison de disques, c’est là que le film devient une vive critique sur le showbiz. Son agent va la transformer : changement de look, changement de couleur de cheveux, chansons pop à la place de chansons country, et des paroles insipides. Elle est soudain super célèbre, mais également moins intéressante. Elle devient une popstar de plus, avec des chansons bateaux, loin des superbes morceaux du début. Finalement, elle devient un beau produit marketing, complètement vide de sens.
Cela va jouer sur son couple. Jack ne la reconnait plus vraiment. Elle devient ce qu’il lui avait dit de ne pas devenir finalement : une coquille vide, qui n’a rien à dire.

Un personnage masculin fort

On en vient à Bradley Cooper, dans un de ses meilleurs rôles à mon avis. J’ai lu dans quelques articles que c’était la première fois que le rôle masculin était si fouillé, si travaillé. Dans les versions précédentes, ce personnage est avant tout jaloux et mesquin. Dans la version de 2018, Jackson Maine m’a brisé le cœur.

On comprend très vite que ses problèmes d’alcool remontent à loin, et sont les réminiscences d’une adolescence compliquée où la boisson était la seule chose qui permettait à l’adolescent qu’il était de se lier avec son père, lui-même alcoolique. Ainsi, son alcoolisme était déjà là bien avant ses problèmes médicaux.

La musique, c’est tout ce qu’il a. Il a passé sa vie sur les routes. On le sent attacher à cet art, il y met toute son âme, toutes ses tripes. Il cherche quelque chose à dire. Epuisé, sa rencontre avec Ally va lui rappeler ce qu’il aime tant dans la musique : des textes forts, personnels. Il a de nouveau des choses à dire.

La carrière de sa femme, ses propres problèmes d’audition, la baisse de sa popularité le forcent à faire face à son propre déclin. C’est lui qui a porté Ally au début, qui lui a expliqué que le principal était d’avoir quelque chose à dire. Maintenant, il la voit se trémousser sur scène sur des airs pops aguicheurs. Ils ne partagent plus les mêmes valeurs.

Là où les précédentes versions de ce personnage s’en prenaient violemment à leur épouse, Jack n’agit pas par jalousie ou mesquinerie. Le personnage n’est pas antipathique, bien au contraire. Il fait peine à voir, et mon cœur s’est brisé en le voyant perdre pieds.

A voir ou pas ?

A voir, sans aucune doute. Je pourrais encore parler longtemps de ce film, et de tout ce qu’il aborde. La deuxième partie du film est peut-être un peu plus lente que le début, mais je ne vois pas trop ce que l’on pourrait dire d’autre. Le scénario n’est pas des plus original, mais qu’est-ce que le film est bien écrit ! Les personnages (même secondaires) sont hyper bien construits, et leurs interprètes sont excellents. Bradley Cooper signe là l’une de ses plus grandes prestations à mon avis. Quant à Lady Gaga, ce n’est pas elle que j’ai vu, mais bien Stefani Joanne Germanotta. Elle m’a bluffée. Elle est belle, touchante et sa voix est magnifique.

N’oublions pas la musique, qui est un personnage à part entière dans ce film. Bien sûr, tout le monde a entendu Shallow des centaines de fois au moins. Il était difficile d’y échapper ces derniers mois. Mais le reste de la bande son est tout aussi magique.

Si vous ne l’avez pas vu, n’attendez plus. Je vous laisse avec certainement ma chanson préférée. N’hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé du film en commentaire.


Titre : A star is born (une étoile est née) | Année de production : 2018 | Réalisateur : Bradley Cooper | Scénaristes : Bradley Cooper, Eric Roth et Will Fetters | Acteurs principaux : Bradley Cooper (Jackson Maine) et Lady Gaga (Ally) | Durée : 136 minutes

Un commentaire

  • MOREL

    bonjour !
    je découvre votre blog ce jour grâce à cet article sur « A star is born » !!
    Donc j’ai littéralement adoré ce film ! Vu 3 fois au ciné 😉
    il est devenu mon préféré (il a devancé Braveheart qui l’était tout de même depuis 20 ans !!!).
    Je partage en particulier l’avis sur le personnage de Jackson Maine qui m’a tellement émue et dévastée !!
    j’ai mis 2/3 jours à redescendre en émotions quand je l’ai vu !! je précise mon âge, 41 ans !! pas née de la dernière pluie pourtant !!
    Voilà voilà !!
    je vais continuer sur le blog pour chercher des avis sur Aurélie VALOGNES.
    Bien à vous
    Mag

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